The making of a civic discourse on controversial historical past: from denial to parrhesia

Giovanna LEONE, Mauro SARRICA

Abstract


Abstract: This contribution discusses the pragmatic effects of different rhetoric strategies conveying evidence of past ingroup violence after a long lasting social denial (Cohen, 2001). In particular, a case study is presented on the making of a civic discourse on controversial historical past: war crimes committed by the Italian Army during the colonial invasion of Ethiopia (1935-36). Although very well proved (Del Boca, 2005), these facts were only recently inserted in Italian history textbooks (Leone & Mastrovito, 2010; Cajani, 2013). In this same period, evidence of these crimes was officially presented during discussions of the Italian Parliament. In spite of these recent acknowledgments of the Italian responsibilities for these crimes, a social myth is still widely shared by the public opinion, representing Italians as good fellows (Italiani, brava gente: cfr. Del Boca, 2005), unable to be cruel both in everyday life and in wartimes (Volpato et al., 2012). This specific situation, denying even the reality of facts happened, has been defined literal social denial, i.e. the deepest among the three possible states of denial (literal, interpretive, implicative: cfr. Cohen, 2001). The issue of literal social denial of past ingroup violence is at the intersection among theories on narratives on national past (László, 2003), social representations of history (Liu et al., 2014), conflict ethos (Bar-Tal et al., 2012; Kelman, 2008), group-based emotions (Allpress et al., 2010; Leone, 2000) and intergroup reconciliation processes (Nadler et al., 2008). Namely, understanding how a social denial could break down implies the theorization of human mind’s reflexivity as grounded on historical awareness (Ortega y Gasset, 1930), and the notion of social change as primarily rooted in natality, i.e. the fact that each birth represents a new beginning (Arendt, 1958). Drawing on this theoretical background, we will present an ongoing research program (Leone, in press) on the literal social denial (Cohen, 2001) of war crimes committed by the Italian army during colonial period and on the pragmatic effects of different kinds of communication on this controversial past. In order to address this issue, we will particularly focus on the concept of parrhesia as defined by Foucault (1983): the communicative choice of «frankness instead of persuasion, truth instead of falsehood or silence, [...] the moral duty instead of self-interest and moral apathy »  (Foucault, 2001, p.19). Studies we conducted in this line tested the change in beliefs and the emotional reactions of young citizens confronted with mild or parrhesiastic descriptions of socially denied war crimes (Leone & Sarrica, 2014, 2012). Empirical evidence will be discussed in order to reflect on our core idea: that a parrhesiastic communication is a risky tough necessary pragmatic move to break long lasting denial of ingroup wrongdoings, to trigger critical civic discourse in the place of social myths and to start reconciliation processes.

Keywords : social denial, communication, reconciliation, parrhesia, war crimes

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Résumé: ‪L'article traite des effets pragmatiques de différentes stratégies rhétoriques qui témoignent, suite à un déni social durable, de la violence perpétrée par un groupe social (Cohen, 2001). En particulier, une étude de cas est présentée sur la réalisation d'un discours civique sur un passé historique controversé, c'est-à-dire les crimes de guerre commis par l'armée italienne lors de l'invasion coloniale de l'Éthiopie (1935-36). Bien que très connus parmi les historiens (Del Boca, 2005), ces faits ne soient que récemment insérés dans les manuels d'histoire italienne (Leone & Mastrovito, 2010; Cajani, 2013). Dans cette même période, la preuve de ces crimes a été officiellement présentée lors des discussions dans le Parlement italien. Malgré ces reconnaissances récentes des responsabilités italiennes pour ces crimes, un mythe social est encore largement partagé par l'opinion publique, représentant les Italiens comme de bons camarades (Italiani, brava gente: cf. Del Boca, 2005), incapables d'être cruels à la fois dans la vie quotidienne et en temps de guerre (Volpato et al., 2012). Cette situation spécifique, en supprimant même la réalité des faits, a été définie comme un refus social littéral, c'est-à-dire le plus profond parmi les trois états possibles de déni (littéral, interprétatif, implicatif: cf. Cohen, 2001). La question du déni social littéral de la violence dont son groupe est responsable se pose à l'intersection des théories concernant les récits sur le passé national (László, 2003), les représentations sociales de l'histoire (Liu et al., 2014), l'ethos de conflit (Bar-Tal et al., 2012; Kelman, 2008), les émotions basées sur le groupe (Allpress et al., 2010; Leone, 2000) et les processus de réconciliation des groupes (Nadler et al., 2008). À savoir, comprendre comment un déni social pourrait s'écrouler implique une théorisation de la réflexivité de l'esprit humain qui soit fondée sur la conscience historique (Ortega y Gasset, 1930) et la notion que le changement social soit principalement enraciné dans la natalité, alors que chaque naissance représente un nouveau départ (Arendt, 1958). En nous appuyant sur ce contexte théorique, nous présenterons un programme de recherche en cours (Leone, sous presse) portant sur le déni social littéral (Cohen, 2001) des crimes de guerre commis par l'armée italienne pendant la période coloniale et sur les effets pragmatiques de différents types de communication sur ce passé controversé. Pour aborder cette question, nous nous concentrerons particulièrement sur le concept de parrhésie tel qu'il est défini par Foucault (1983): c'est-à-dire le choix communicatif de «la franchise au lieu de la persuasion, de la vérité au lieu du mensonge ou du silence, [...] du devoir moral à la place de l'intérêt personnel et de l'apathie morale» (Foucault, 2001, p. 19). Les études que nous avons menées dans cette ligne de recherche ont exploré le changement des croyances et des réactions émotionnelles des jeunes citoyens Italiens confrontés à des descriptions légères ou parrhésiastiques de ces crimes de guerre socialement démentis (Leone & Sarrica, 2014, 2012). Des preuves empiriques seront discutées afin de réfléchir à notre idée fondamentale: proposant que une communication parrhésiastique, tout en déclenchant des réactions dangereuses et difficiles à gérer, soit néanmoins la plus utile pour briser un déni durable des actes répréhensibles commis par le groupe, et soit l'unique solution viable pour provoquer un discours civique critique sur les mythes sociaux d'un passé idéalisé du groupe, favorisant le commencement des processus sociaux nécessaires pour une véritable réconciliation.

Mots-clés: déni social, communication, réconciliation, parrhésie, guerre, crime

 


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On line ISSN 1775-352X
Paper ISSN 2066-5083

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